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Les travaux de l’équipe de Raquel Chan, directrice de l’institut Agro biotechnologique du littoral (IAL) et chercheur senior au Centre National de Recherche scientifique et technologique (CONICET, équivalent du CNRS), ont permis après plus de 15 années de recherche, de développer de nouveaux organismes génétiquement modifiés utilisant le gène HB4. Si plusieurs cultures céréalières peuvent bénéficier de cette bio-technologie, l’enjeu porte ici sur la culture du blé.

Le gène HB4 permet aux plantes de résister aux températures élevées, caractéristiques d’un climat aride. La plante nécessitera une quantité inférieure en eau sans pour autant que ne soit altérée sa productivité. Cette recherche a été étendue à une variété de cultures telle que le soja, le maïs, la luzerne ou le blé.

La recherche et le développement du gène HB4 ont étés réalisés à l’institut de la technologie agricole de Rosario (INDEAR), institut appartenant à l’entreprise Bioceres. L’INDEAR est établi dans le centre régional du Conicet à Rosario (CERIDER).

En 2009, l’institut national de technologie agro-industrielle (INTA, équivalent de l’INRA), sous tutelle du ministère de l’agroindustrie, accorda la licence et l’exclusivité à l’entreprise Bioceres afin qu’elle puisse commercialiser le blé génétiquement modifié. C’est dans ce cadre que Raquel Chan et son équipe ont pu développer les différentes cultures transgéniques contenant le gène HB4.

Actuellement, aucun blé transgénique n’est commercialisé sur le marché agro-industriel. Cette perspective a déjà suscité une forte opposition au Canada face à un projet de Monsanto en 2004[1].D’autre part, le coût d’opportunité associé à la culture du blé est bien moindre en comparaison avec d’autres céréales. Aux Etats-Unis par exemple, la culture du blé est 5 fois moins rentable que la culture du maïs.

Cependant, avec la croissance de la population mondiale, une démographie désormais majoritairement urbaine ainsi que la consommation toujours plus grande de produits transformés, la demande de blé est en constante augmentation, ce qui encourage son exploitation.

En Argentine, pour qu’une céréale transgénique soit commercialisable, en l’espèce le blé, l’organisme génétiquement modifié doit être évalué et approuvé par plusieurs instances :

  • Le Service national de santé et de Control (SENASA), ayant pour mission de déterminer si le produit est libre de tous éléments allergènes ou toxiques.
  • La commission nationale de biotechnologies (CONABIA), qui a pour mission de déterminer si le produit ne causera aucun dommage à l’environnement.
  • La branche du marché agro-indrustriel consacrée à la culture et à la commercialisation du blé, représentant le marché du Mercosur, le marché local ainsi que le marché international : qui analysera l’impact économique qu’il y aura à être le premier pays à commercialiser ce produit. À ce stade, le SENASA et le CONABIA se sont prononcés favorablement.

Une feuille de route a été rédigée entre le Centre d’Exportation de Céréales (CIARA-CEC) et l’entreprise Bioceres dans le but d’établir les actions que devra entreprendre cette dernière afin de rendre la technologie HB4 commercialisable sur le marché national et international.

L’enjeu est conséquent : comme le défini Maria Eugenia Vidal, gouverneur de la province de Buenos Aires, « Si nous arrivons à passer outre la régulation, Bioceres sera la seule entreprise au monde à pouvoir offrir du blé génétiquement modifié aux producteurs agricoles ».

Nonobstant, étant donné que Bioceres doit convaincre l’intégralité de la branche du marché agro-industriel, le processus decisionnel va « prendre de nombreuses années » , comme le rappelle Gustavo Idigoras, président de Ciara-CEC.

Sources : https://www.infocampo.com.ar/bioceres-semillas-busca-su-lugar-en-el-podio-genetico-nacional/

https://www.lanacion.com.ar/economia/campo/definen-hoja-ruta-controversia-trigo-tolerante-sequia-nid2219984

https://www.conicet.gov.ar/technology-against-drought-crosses-borders/

https://www.chilebio.cl/2018/08/10/por-que-no-hay-trigo-transgenico-en-ningun-pais-del-mundo/

[1] https://elpais.com/sociedad/2004/05/11/actualidad/1084226403_850215.html

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